Ferme Lamberty
Fiche d'identité
Vielsalm
Belgique
100 hectares dont 54 en prairie permanente
50 vaches laitières de race Holstien et Fleckvieh, 20 vaches allaitantes de race Blonde aquitaine, 100 chèvres à la traite de race Alpline, 12 brebis de race roux ardennais.
Cultures d’épeautre/triticale/orge/avoine pois sur 6ha à destination du bétail 5ha
Table des matières
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La ferme Lamberty est une exploitation familiale située à Vielsalm, en Ardenne. L’exploitation est en agriculture biologique depuis 1999. Elle travaille aujourd’hui sur un peu moins de cent hectares, avec des systèmes diversifiés comprenant des vaches laitières et allaitantes, un troupeau de chèvres laitières, un peu de maraîchage et un magasin à la ferme. Les sols sont acides et souvent humides, et la ferme est entourée de forêts, ce qui crée une pression importante du gibier. Les céréales occupent environ six à sept hectares, et le reste de la surface est réparti entre prairies permanentes et prairies temporaires. La rotation habituelle alterne trois années de céréales suivies de quatre années de prairies temporaires.
Problématique; une implantation printanière des prairies de plus en plus aléatoire
Lors de l’implantation d’une prairie temporaire après une céréale, la ferme utilisait systématiquement un semis de printemps sous couvert d’avoine. L’avoine est choisie pour son effet nettoyant, car elle limite le développement des adventices. Cependant, ces dernières années, l’installation des prairies au printemps est devenue plus complexe en raison de périodes sèches de plus en plus longues. Il peut arriver que de longues séquences sans pluie, parfois jusqu’à six semaines, rendent les levées très irrégulières. Certaines prairies restent faibles pendant plusieurs mois et ne s’implantent correctement qu’à partir de l’année suivante. Face à ces contraintes climatiques croissantes, la ferme a décidé d’adapter ses pratiques en testant un nouvel itinéraire technique.
Nouvelle pratique testée : implanter les prairies temporaires à l’automne sous couvert d’avoine pour anticiper la sécheresse
L’essai visait à implanter la prairie dès l’automne, toujours sous couvert d’avoine, selon l’itinéraire technique suivant :
• Fin d’été : épandage de fumier (15 t/ha) après moisson, labour, semis d’avoine (75 kg/ha) puis passage au rouleau.
• Début d’automne : semis du mélange prairial Sensier n° 4 (25 kg/ha) après la levée de l’avoine.
• Début de printemps : passage de la herse étrille pour gratter l’avoine.
• Printemps–été : réalisation de trois à quatre coupes entre mai et septembre.
L’expérimentation a été lancée dès 2023 et a été reconduite en 2024 et 2025. Au total, trois parcelles de prairies ont été implantées de cette manière.
Résultats observés : une implantation plus réussie et plus régulière des prairies
Les essais sur les différentes parcelles révèlent que le semis sous couvert d’avoine en automne permet une implantation régulière et homogène, même après un hiver pluvieux. L’avoine joue un rôle protecteur à l’automne, puis se décompose entièrement pendant l’hiver, sans nuire au semis prairial. Cette décomposition enrichit le sol et réduit la prolifération des adventices. Les résultats montrent des rendements très satisfaisants, presque doublés par rapport aux parcelles semées au printemps.
Perspectives et conclusion
À la ferme Lamberty, le semis d’automne sous couvert d’avoine s’impose comme une solution fiable pour garantir l’implantation des prairies, même face à des sécheresses récurrentes. Cette technique offre plusieurs avantages: maintien d’un sol couvert, réduction de la pression des adventices et une prairie productive dès la première récolte. Pour s’adapter aux variations climatiques, la ferme prévoit de combiner semis de printemps et d’automne, tout en ajustant les mélanges d’espèces prairiales selon les besoins annuels.