Envie de préserver la productivité de vos prairies et les ressources mondiales de potassium : bâcher vos tas de fumier !
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Ce document est la synthèse d’un essai portant sur la couverture des tas de fumier stockés au champ. Le protocole ainsi que les résultats détaillés sont disponibles dans le rapport complet accessible via ce lien (Stifkens & Leriche, 2025).
Un essai réalisé sur 12 tas de fumier, entre mai 2023 et août 2025, a permis de tirer plusieurs enseignements concernant l’efficacité de la couverture des tas stockés au champ.
Le bâchage des tas de fumier a permis de diviser les pertes en potassium (K) par 3,7
- Plus le tas est lessivé par la pluie, plus les pertes en K sont importantes
- Après 8 mois de pluie (~ 630L/m²), un tas non bâché perd environ 40% de son K
- Quelle que soit la durée de stockage, le bâchage permet de réduire les pertes K par un facteur de 3,7

Pour rappel, le K est un élément clé pour la productivité des prairies, dont les besoins sont élevés. Le K stimule la croissance des légumineuses, favorise un enracinement dense, améliore la tolérance au piétinement, renforce la résistance à la sécheresse et réduit la sensibilité aux maladies fongiques.
La couverture du tas accélère la dynamique de compostage
Le fumier bâché s’est composté sans intervention mécanique, et de façon homogène (A=B=C) alors que le fumier non bâché a été refroidi et tassé par la pluie, ce qui a fortement ralenti le processus de compostage, voire l’a interrompu dans les zones basses (E et F) devenues anaérobies.

La bâche respirante crée un environnement propice au microorganismes responsables du compostage : meilleure aération, montée en température et absence de tassement dû aux pluies

La photo ci-contre représente le contenu des sacs enfouis dans 2 tas de fumier (bâché et non bâché) et à 3 hauteurs différentes après 3 mois de stockage au champ (238L/m²). Chaque sac contenait la même quantité fumier frais lors de l’enfouissement.
La pratique est rentable à partir de 2 à 5 mois de stockage selon les cas
- Le coût du bâchage représente 1,21€ / tonne de fumier frais
- Le bénéfice principal est la préservation du K
- La rentabilité de la pratique dépend de 2 facteurs : la durée de stockage et le coût de l’engrais potassique nécessaire pour compenser les pertes.
Ce schéma peut aider à évaluer la pertinence économique du bâchage :
Malgré le coût environnemental des bâches, le bilan reste largement positif

- Le lessivage du K n’a pas d’impact sur la qualité des eaux, mais sa préservation permet de réduire le recours aux engrais potassiques minéraux, dont la production et le transport génèrent des émissions de gaz à effet de serre ( ).
- Les évités grâce à la non‑extraction du K compensent largement ceux liés à la fabrication et au traitement en fin de vie des bâches. Selon les estimations réalisées, le rapport bénéfice / impact varie de 6 à 25, démontrant que le bâchage est nettement favorable d’un point de vue environnemental (voir calcul détaillé dans le rapport complet).